Thursday, November 23, 2017

1966

Dax en finale Written by  mardi, 07 août 2007 22:21 font size decrease font size increase font size
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Toulouse (Stadium) Arbitre : M. Madelmont (Côte d'Argent).
28 803 entrées payantes; recette: 315 782 francs
S.U. Agenais bat U.S. Dax par 9 à 8
S.U. Agen: 1E: Lasserre, 1P 1D: Dehez.
U.S. Dax: 1E: Bénali, 1T: Saubesty, 1P: P. Albaladéjo
S.U. Agen :
Péchambert ; Mazas, Gruppi, Razat, Pomiès ; (o) : Dehez, (m) : Lacroix (cap.) ; Viotto, Zani, Sitjar ; Lasserre, Fort ; Paladin, Malbet, Lagiewski
U.S. Dax :
Saubesty ; Arrieumerlou, Dourthe, Sanz, Bénédé ; (o) : P. Albaladéjo (cap.), (m) : Capdepuy ; Bénali, Contis, P. Darbos ; Labadie. Cassiède ; JC. Lasserre, Bérho, Lucq
Dur, dur !
le ciel de Toulouse faisait un accueil honnête aux finalistes: les nuages étaient venus filtrer les ardeurs du soleil. Les Agenais, toujours forts de leurs vedettes Lacroix, Sitjar, Zani, Razat, Fort, Malbet, Dehez avaient fait "monter", depuis quelque temps, ce dernier de l'arrière à l'ouverture; sa botte y trouvait son compte. Gruppi, Pomiès, Viotto, Michel Lasserre, Palladin, Lagiewski étaient toujours là aussi. Le rapide ailier droit Mazas, l'arrière Péchambert, un jeune, grand et mince, étaient les seuls nouveaux à paraître pour la première fois en finale sous la bannière agenaise que tenait toujours d'une main ferme Pierre Lacroix. De la Finale de 1962, subsistaient Lacroix, Razat qui en avaient été les héros, Sitjar, Zani et Malbet. Méricq et Cavaillès.
A l'U.S. Dacquoise (meurtrie 2 années auparavant par la disparition accidentelle de E.Carrère, J.Othats et R.Albaladéjo), des jeunes étaient forcément apparus : l'arrière Saubesty, les attaquants Dourthe, Arrieumerlou, Sanz - fils d'un grand joueur basque - qui s'était signalé chez les juniors du T.O.E.C., le demi de mêlée Capdepuy, les avants Bénali et J.M. Lucq, presque tous venus de villages voisins. Les anciens restaient Bénédé à une aile, Contis et Pierre Darbos en troisième ligne, Cassiède, international, et Labadie en deuxième ligne, Christian Lasserre et Berho en tête de mêlée, enfin le célèbre ouvreur Pierre Albaladéjo qui avait, pour la circonstance, repris le capitanat. I1 était aussi le seul rescapé de l'équipe qui avait si largement perdu la Finale dix ans avant, dans ce même stadium toulousain. Celle de 1966, gagnée ou perdue, allait mettre un terme à sa très fructueuse carrière ; il en avait fait part, la veille, à son président, M. Dassé. Avec tous ces jeunes gens, les mérites de l'U.S. Dacquoise, parvenue aussi loin, étaient indiscutables.
Le sort ne s'occupe pas des mérites. Dax allait subir un handicap des plus rares en finale : le vent allait souffler contre l'équipe landaise dans l'une et l'autre mi-temps, ayant tourné complètement de sens cinq minutes avant la pause, amenant un cortège de nuages sombres.
La bataille pour le titre n'avait pas attendu autant pour virer à l'orage. Franco Zani avait été crucifié au sol mais, retrouvant ses esprits, il avait commencé la cueillette des fruits, en fond de touche, qu'attendaient Lacroix et Dehez, celui-ci se mettant à aiguiser son arme favorite. Mais, en face, on découvrait un botteur formidable qui ne manquait jamais la touche malgré les distances stupéfiantes recherchées, le tout jeune Saubesty.
Et puis, hélas ! Les premiers pugilats arrivèrent. La Finale était mal partie. Les Dacquois se trouvaient contenus dans leur camp. Albaladéjo usait du coup de pied en chandelIe sur un arrière qu'il pensait peut-être trop tendre, mais Péchambert ne se laissait pas surprendre. Lacroix tirait les ficelles presque sans cesse, aboyant aux fesses de la meute de sa voix de fausset qui perçait le bruit de mer de la voix populaire. Le ciel perdait de son bleu, tournait lentement au gris sombre.
M. Madelmont, l'un des "bleus" de la Finale, avait déjà senti l'odeur de la poudre et compris qu il fallait sévir. Ceci explique qu'à la dix-neuvième minute il n'hésita pas à punir Darbos pour une "cravate" à léger retardement sur Razat qui venait de dégager. Indiquée au point de chute du ballon, cette faute dacquoise se trouva avancée de trente bons mètres jusqu'au beau milieu de la ligne des 22 mètres d'où Dehez tira au but, frappa le poteau gauche et le ballon passa. Albaladéjo et Dourthe montraient une U.S. Dacquoise redressant la crête et qui, même, s'installait en camp agenais. Péchambert était, cette fois, vraiment plus inquiété sur une balle poussée au pied par Sanz; trois diables rouges le cernaient, l'abattaient. Et Sanz tentait le drop. II fallait se rebiffer chez les champions un instant aux abois: Zani et Lagiewski s'en chargeaient: une glissade y mettait son veto.
A la vingt-neuvième minute, Palladin se faisait pénaliser pour un talonnage de tenu à la main et, du centre des 22 mètres, Albaladéjo remontait à la hauteur... de Dehez, à 3 partout. Vexés, les Agenais lançaient une expédition punitive avec Lacroix, Viotto, Zani et Fort abordant après 50 mètres de raid les poteaux dacquois sous lesquels Dourthe sauvait une situation bien ingrate. Autre point de supériorité : on voyait la mêlée agenaise faire reculer le "huit" de Dax.
Le ciel, tout à coup, se fit plus noir et le vent vira de bord avec une rare brusquerie, devenant complètement opposé au secteur où il s'était d'abord établi : on n'était qu'à cinq minutes de la pause. Ce vent passé avant terme à l'ennemi (de Dax bien sûr), "Bala", s'acharnait sur Péchambert qui glissa une fois, sans trop de casse. Bénédé, en bout d'attaque dacquoise, s'échappait sur la touche gauche, Saubesty manquait le drop, Pomiès sauvait et contre-attaquait. Les dernières secondes nous montraient un nouvel assaut de gladiateurs, Lucq, Palladin, Lagiewski engagés, puis un ratage de Péchambert suivi d'un faible dégagement.
A la reprise, le vent, qui venait à peine de "retourner sa veste", se mettait donc une seconde fois du côté du plus fort. Ces Dacquois, qui portent encore au bras le crêpe de la tragédie qui les a frappés il n'y a pas si longtemps, n'ont vraiment pas de chance en finale. La seconde partie du drame commençait par une bataille rangée, Viotto ayant lancé un uppercut dans un mêlée ordonnée, du côté opposé à M. Madelmont qui surveillait l'introduction, Malbet restait au tapis, à titre de vengeance immédiate. Cinq minutes à peine s'étaient écoulées depuis cette reprise que Dehez, posté aux trente mètres, un peu sur la gauche d'une mêlée aux 22 mètres, profitait de la diversion causée par un faux départ de Viotto prétendument lancé par Lacroix, prenait en dropgoal l'avantage sur Albaladéjo, recordman en la spécialité.
« Bala », maintenant, pense qu'il faut attaquer. Trois vagues rouges se suivent: Dourthe, volontaire, fait le maximum mais la tenaille de Razat et Gruppi travaille en souplesse et pousse le tout sur la touche. Sitjar, en plus, patrouille avec autorité, désigne du doigt tout danger. Enfin, à la cinquantième minute, Malbet bondit d'une touche sur un relais de Darbos, la balle ayant été gagnée par Cassiède; Sitjar l'épaule, creuse l'écart à toute allure ; Fort est là aussi, il joue magnifiquement, donne à l'ailier Mazas qui passe à Lasserre. C'est l'essai, un essai de soixante mètres et dans ce style agenais de jeu d'avants qui régale, qui vaudra surtout ce soir au Champion son titre préservé alors que, finalement l'adversaire a pu le contester jusqu au bout. Dehez n'ayant pu, de peu, parapher ce chefd'œuvre, on passa à 9 à 3. "Bala" tenta bien de revenir à 9-6 par un nouveau tir au but mais, comme en 1956, il ne fut pas heureux. Dehez faillit même le distancer un peu lorsque, presque de la ligne médiane et à deux pas à peine de sa touche gauche, il botta très haut, encore en pénalité, et manqua de peu. Sans un mordu en touche, toutefois, Pomiès aurait pu marquer l'essai. Une autre fois, Arrieumerlou devait sauver au fond de son en-but. Les touches se jouaient sur la ligne de but dacquoise et, finalement, Saubesty dégageait son camp. Le capitaine landais revint alors à l'attaque, d'autant que, cette mi-temps, ses avants étaient moins battus à la touche grâce à Cassiède et qu'en mêlées ils avaient plus d'introductions que leurs rivaux.
Darbos allait souvent prêter main forte aux trois-quarts; c'étaient des assauts répétés, Dourthe continuant ses efforts, contribuant aussi, d'ailleurs, à soutenir le spectacle pour faire oublier les scories de ce match trop dur. Comme Saubesty semblait toujours aimanter la balle, les Dacquois, tout en laissant l'impression de ne pouvoir passer, faisaient cependant meilleure figure. La défense élastique des tenants du titre contenait toujours ces offensives, acculées sur les bordures. A sept minutes de la fin, c'est justement de cette façon que « Bala » fut projeté sur un trépied de caméra fixe de la télévision et se blessa à la tête et à un bras. Le match brisé dans son élan, quelques joueurs attroupés et soudain détendus par cet incident, la défense agenaise allait se laisser tromper pour une fois. La touche donnait la balle au vétéran Cassiède qui fonçait, passait à Bénédé, l'ailier gauche, qui se déportait vivement vers l'intérieur, sautait Contis pour servir plus vite Bénali, plus au large ; le jeune avant-aile filait à l'essai. Et un autre jeune, Saubesty, passa la transformation sur délégation de son capitaine encore sous le coup de ses émotions et de son choc. Agen ne menait plus que par 9 à 8.
Il restait alors six minutes à jouer et tout redevenait possible au challenger. Il pouvait encore espérer remporter ce titre qui se refusait à lui avec obstination. Cassiède était ensuite "étendu". Lagiewski exécutait peu après Berho qui, à son tour, connaissait la nuit du k.o. Revenu à lui, il se postait à la touche et, délibérément, il décochait au deuxième ligne agenais Lasserre un coup de pied qui lui ouvrait le menton en l'abattant. Les règlements de comptes venaient d'atteindre là, en quelques minutes, la cote d'alerte. Dax, cependant, croyait toujours à son étoile ; une descente de Saubesty, Sanz et Dourthe s'étalait, belle, sur cinquante mètres. Pendant la récupération des arrêts de jeu, Dehez ratait le drop ; Dourthe rageur, acharné, tentait en vain de passer. Sanz, à son tour, offrait à Dourthe le meilleur décalage de l'après-midi, mouvement incisif enfin, réalisé par ces deux centres, mais que le benjamin Arrieumerlou ne pouvait conclure, manquant la balle. Et Dehez brisait le dernier espoir.
Pour la quatrième fois, le Bouclier échappait aux mains avides des Dacquois. Pierre Albaladéjo, qui était resté après son choc, "dans les nuages" avait manqué à ses hommes au moment crucial. Navré, il confirmait qu il venait de terminer là sa carrière, en ouvrant pourtant la porte à la jeunesse montante.
"Un jour viendra, dit-il, où Dax sera le premier". Les brutalités qui avaient marqué le match des violents furent aussitôt flétries dans un grand retentissement. Les caméras avaient étalé en gros plans la vedette de la journée, le chausson, ceci pour tout le pays. Une fois de plus, "la famille", eut honte. La Fédération décidait aussitôt de punir trois des fauteurs de trouble, suspendant à vie Berho, G. Lasserre et Lagiewski. Ils n'attendirent pas la fin de leurs jours pour obtenir leur absolution.
Extrait du livre de George Pastre "Les volcans du dimanche" Collection Midi Olympique
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