ses certitudes, ses craintes et ses espoirs tant pour le match de dimanche
que pour le présent et l'avenir de l'équipe.
Jean-Marie Bisaro : capitaine d'un groupe soudé et combatif.
"usdax.net"- Vous êtes Capitaine de l'équipe depuis un certain … Dax-Biarritz. N'est-il pas difficile aujourd'hui, compte-tenu de la situation de l'équipe, d'assurer cette responsabilité ?
J.M. Bisaro - Pour tout Capitaine d'équipe il y a des bons et des mauvais moments. La chance que j'ai aujourd'hui c'est que je travaille avec des personnes avec lesquelles je m'entends parfaitement et un groupe qui fonctionne très bien et c'est quand même appréciable quand on est Capitaine d'une équipe. C'est vrai que l'on peut être déçu des résultats mais d'un autre côté on peut être satisfait du comportement des joueurs sur le terrain et hors du terrain dans la vie quotidienne.
"usdax.net"- que pensez-vous de votre équipe ? Qu'est-ce qui lui manque pour réussir ?
J.M.B.- Le groupe vit en ce moment quelque chose de fort. Il s'est complètement retourné sur lui-même en acceptant le nouvel entraîneur. Il vit complètement en autarcie et se suffit à lui-même. Ce que je trouve le plus intéressant c'est que les joueurs qui arrivent maintenant comme Rolando Porreca et Dennis Hazelton sont non seulement acceptés mais "choyés" par le groupe. Il nous manque à la fois peu et beaucoup de choses mais surtout une dynamique de victoires. Dans ce groupe il ne faut pas oublier Frédéric Larrieu, le nouvel entraîneur, qui fédère cet esprit et ce dynamisme. Il a cette qualité d'être à l'écoute des joueurs sans être influençable, la qualité de pouvoir dialoguer, discuter. L'entraîneur a une part prépondérante dans la vie du groupe.
Il ne manque pas grand chose en fait à cette équipe. Si on veut faire un parallèle avec les équipes précédentes à mon sens il ne manque rien, sauf un peu de chance. Il y a des joueurs qui sont de même valeur et à certains postes meilleurs que des joueurs de l'année dernière. Je tiens à rappeler que l'année dernière que si on avait perdu contre Montferrand on descendait en Division 2 et que sans un coup de génie de Pierre Mignoni on perdait contre Auch à la maison. Cette chance là on ne l'a pas cette année. On mène à Montauban à deux minutes de la fin. Au match retour on fait une première mi-temps tonitruante sans pouvoir concrétiser. Contre Toulouse il nous manque peu de choses pour passer. Il nous manque vraiment un peu de chance. Les joueurs parfois en sourient et cherchent "le chat noir". Le match retour contre les London Irish est représentatif de cette situation: être en mesure de faire pencher la balance de notre côté devant une grosse équipe et ne pas avoir ce coup de chance à la fin et prendre cet essai à la 85e minute même si l'on sait pertinemment qu'il ne faut pas s'en remettre qu'à la chance ou à la malchance. Mais je suis persuadé que cette équipe a du potentiel et qu'il ne manque pas grand chose pour pouvoir commencer à gagner et partir sur de meilleures bases. Avec le changement d'entraîneur on va découvrir une autre équipe de DAX avec un autre jeu qui se met en place.
"usdax.net"- Vous venez de disputer un match de Coupe de la Ligue contre l'équipe "Réserve" d'Agen. Était-ce une bonne préparation avant de rencontrer Biarritz ?
J.M.B.- Ca aurait pu l'être. Ca l'a été pendant une vingtaine de minutes car tout le monde a gardé son sérieux et ensuite on est tombé dans le non jeu ou la facilité, c'est aussi cela l'image de l'équipe: on a parfois un manque de constance et dans la saison et pendant les matches. C'est un problème dont on doit parler et que l'on doit régler. Une saison est particulière avec des matches d'inégale importance et même si nous sommes des professionnels, inconsciemment, et moi le premier, je trouve qu'il est difficile de s'investir à 100% sur tous les matches sans avoir une arrière pensée sur les matches à venir. Ca a été une bonne répétition parce que on a changé beaucoup de choses sur les touches et les mêlées et cela nous a permis de les revoir. C'était un bon entraînement.
"usdax.net"- Les Biarrots jouent demain (mercredi 6 février) à Paris. Est-ce pour vous un avantage ou un inconvénient ?
J.M.B.- Ce serait de la langue de bois de dire que ce n'est pas un avantage. Deux matches dans une semaine, même avec un effectif pléthorique, cela laisse des traces. Les joueurs ont besoin de plages de récupération. Ceci dit, les matches contre Biarritz ont un contexte un peu particulier. Il n'y a pas mal d'anciens Dacquois au B.O. et ils ne vont pas galvauder la rencontre. Nous partirons assez serein car que risque-t-on de plus que ce que l'on a vécu au match aller ? On sera assez libéré et ce sera à notre avantage.
"usdax.net"- Avez-vous préparé ce match d'une manière particulière ? Que craignez-vous le plus chez les Biarrots ?
J.M.B.- Nous ne sommes pas en mesure de préparer un match. En ce moment on prépare une fin de saison. On a rien ciblé sur le match de Biarritz. La rencontre elle-même suffit à motiver les joueurs et à créer la préparation psychologique nécessaire. Tactiquement et techniquement ce serait une faute de se préparer à ce match en particulier et de délaisser la fin de saison. On fait un travail sur cette fin de saison et chaque match qui se présente à nous va nous permettre à chaque fois de gravir un nouvel échelon et d'arriver en pleine possession de nos moyens sur les play-down parce que tout va se jouer là.
"usdax.net"- Sverzut et Tanir blessés le rendement offensif dacquois est sérieusement diminué. De quelle manière pensez-vous pouvoir rivaliser avec les Biarrots ?
J.M.B.- Il ne faut pas se voiler la face. Olivier et Sylvain sont deux éléments moteurs de l'équipe. Ceci dit nul n'étant irremplaçable, les joueurs qui les remplaceront auront d'autant plus à coeur de montrer qu'ils existent et je compte sur eux pour le prouver. Ca ne va pas changer notre stratégie. Ce n'est pas parce que Sylvain est absent que les tactiques mises en places ne seront pas exécutées. Son remplaçant n'aura pas les mêmes qualités physiques pour perforer mais il en aura peut-être d'autre comme sauter en touche ou plaquer à tour de bras.
"usdax.net"- Depuis le début de la saison on vous a vu sur certaines phases offensives en position de n° 8. Comment jugez-vous ce nouveau rôle ?
SJ.M.B.- C'était un choix de JL Luneau qui me trouvait plus de dispositions pour chiper des ballons derrière les mêlées "chahutées" que Sylvain Tanir. D'autre part, Sylvain ayant une densité physique plus importante il était intéressant de le positionner derrière le pilier directement plutôt que derrière les secondes lignes. Je trouvais ce rôle très difficile et très particulier parce que on chamboulait nos positions mais aussi notre façon de jouer. A certains moments on se trouvait en position de 3ème ligne aile et on était trois 3ème ligne aile et à d'autres moments on se trouvait en position de n° 8 et on était alors deux n°8. Cela engendrait des complications.
"usdax.net"- Pierre Mignoni est venu vous parler, dès la fin de la rencontre contre Béziers. Que vous a-t-il dit ? A-t-il réussi à vous redonner confiance pour l'avenir ?
J.M.B.- Pierre a eu des paroles qui m'ont ému. Il était très content de sa victoire mais très déçu d'infliger ça à DAX. Il comprenait que pour nous c'était une question de survie de gagner ce match là. La démarche d'un autre joueur m'a beaucoup touché, c'est celle de Richard Castel. Il m'a dit avoir vécu la même situation avec Béziers et si il doit y avoir descente en Deuxième Division il faut se retrouver tous ensemble autour d'une table, joueurs et dirigeants, et avoir un projet commun à deux, trois, quatre ans et essayer de le mener à son terme.
"usdax.net"- Tout le monde dit et répète qu'à Dax il y a un public et pas de supporters. Qu'en pensez-vous ? Qu'attendez-vous de ce public et/ou de ces supporters ?
J.M.B.- Arrivant du Stade Toulousain (où il a été Champion de France en 97) après les années de gloire (95-97) il est vrai que, honnêtement, je n'ai pas retrouvé à DAX cette euphorie et j'ai été déçu par le public les premières années. Maintenant que je m'installe un peu plus dans la vie dacquoise et que je connais mieux le public dacquois je le qualifierais de "spectateur professionnel", un public de connaisseur avec lequel il est très intéressant de discuter, d'avoir des échanges positifs sur le jeu quand on est sollicité mais à l'inverse qui ne s'emballe pas pour une percée de 20 mètres. Il manque la "chaleur" des supporters de l'OM ou plus près de nous l'enthousiasme naturel des Catalans ou même des Montalbanais. Il manque les cris et les encouragements qui peuvent nous motiver sur le terrain mais en contre-partie il faut reconnaître leurs qualités d'analyse de match, d'échange et de respect du joueur. Avec un public de professionnel quand on est bon c'est parfait mais quand on l'est moins on en prend "plein les dents". Cette année est difficile car comme ils sont compétents ils sont aussi intransigeants alors par moment c'est lourd à porter. On fait ce métier là, on aime ce métier là alors c'est normal que l'on soit jugé et critiqué que l'on ait fait un bon ou un mauvais match.
"usdax.net"- Malheureusement, l'USD disputera les matches de la poule de descente. Les Dacquois vont se retrouver en compagnie relevée (aujourd'hui à la lutte avec La Rochelle, Bègles, Castres ou Narbonne pour les deux dernières places) et avec probablement le plus petit nombre de points. Pensez-vous, aujourd'hui, que l'équipe puisse créer une "surprise" dans cette deuxième et dernière phase ?
J.M.B.- Aujourd'hui la situation est difficile mais comme nous sommes des compétiteurs et que l'on a à coeur de montrer ce dont on est capable et on est vraiment conscient qu'il reste une chance et on va se donner les moyens de la jouer. Si on arrive, sur les quatre matches qu'il nous reste à en gagner deux on peut sortir ex-aequo avec Bègles et La Rochelle et là tout est relancé. J'ai le souvenir d'Agen il y a quelques saisons auquel on prédisait la descente en Division 2. Il restait 8 matches à jouer et il les ont tous gagnés et se sont sauvés. Alors pourquoi pas nous?
Pour le moment DAX est toujours en Première Division!
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En terminant cet entretien, alors que l'on reparlait de la solidarité de l'équipe, j'ai demandé à Jean-Marie Bisaro si parmi les joueurs il y en avait un qui "l'impressionnait" particulièrement soit par ces qualités physiques ou ces qualités morales.
J.M.B.- Pierre Roussarie (demi de mêlée venant de Peyrehorade). C'est un jeune joueur qui a particulièrement bon fond et qui est très représentatif de l'équipe. Il travaille avec beaucoup d'abnégation, a une réelle envie de réussir et progresse sans cesse. Un autre joueur qui gagne à être connu c'est Rolando Porreca. Arrivé à Dax blessé il est resté 3 mois sans contrat, s'est fondu dans la famille dacquoise repoussant d'autres sollicitations. C'est un joueur qui a de l'expérience (il a 34 ans) et de grosses qualités physiques. S'il n'a pas de pépins de santé ça va être un sacré client pour la fin de la saison.Dans la vie sociale du groupe ce sont deux personnes sur lesquelles on peut compter.
Daniel Sallenave
usdax.net
(Entretien réalisé par téléphone le 5 février 2002)