ICI GASCOGNE
L’US Dax a une nouvelle équipe dirigeante qui "va être obligée de baisser le budget"
Nouvelle gouvernance à l’US Dax. Validée ce mardi en assemblée générale, l’organisation acte un retour à un directoire et un conseil de surveillance. Le club, sorti d’une crise financière, prévoit déjà une baisse de budget pour la saison prochaine.
L’US Dax a une nouvelle direction ce mercredi matin, et ce n’est pas un poisson d’avril. Les actionnaires du club, réunis en assemblée générale, ont validé mardi soir la nouvelle organisation à la tête du club. Sans révolution, celle-ci marque un retour à une structure avec un directoire chargé des affaires courantes, chapeauté par un conseil de surveillance.
Ce conseil est présidé par Benjamin Gufflet, qui reste actionnaire principal mais se retire de la gestion quotidienne. Le directoire est composé de trois membres : André Morlaes, Thomas Medina et Gérard Cazaux.
Dans ce contexte, André Morlaes, membre du directoire, détaille la situation du club et les perspectives. Interview.
ICI Gascogne : Après des mois de tempête à l'USD, ce qu'on peut dire, c’est qu’avec cette nouvelle équipe dirigeante désignée, c'est enfin l'accalmie ?
André Morlaes : Oui. Aujourd'hui, on va retrouver une certaine sérénité au sein de ce club. Un nouveau directoire composé de trois personnes. Un conseil de surveillance également sera en charge de gérer le club et aura sous son autorité le directoire.
"Le problème financier est réglé".
ICI Gascogne : Vous me dites oui, c'est l'accalmie. Cela veut dire que l'U.S. Dax peut se projeter sereinement sur la fin de saison qui arrive ? Cela veut dire fini les problèmes financiers, fini les risques de points en moins, fini les risques de relégation administrative ? Est-ce qu'on peut annoncer ce matin qu'il n'y aura pas de mauvaise surprise d'ici la fin de saison ?
André Morlaes : Alors aujourd'hui, on peut rassurer nos partenaires, rassurer les abonnés et rassurer les institutions : l'USD est sorti d'une crise. Aujourd'hui, on est dans une stabilité. On a répondu aux exigences financières des autorités, que ce soit de l’A2R et de la Ligue. On a respecté nos engagements. On a renforcé nos engagements financiers. À ce jour, le problème financier est réglé.
ICI Gascogne : Ce qui veut dire que si les joueurs et le staff se maintiennent en Pro D2 sur le terrain, le club pourra se maintenir en Pro D2 administrativement ?
André Morlaes : C'est quelque chose qu'on peut assurer et dont on est fier. Si aujourd'hui le sportif mérite et gagne son maintien en Pro D2, tout ce qui est administratif et financier répondra aux exigences pour engager le club de l'USD dans une nouvelle saison dans le rugby professionnel français.
ICI Gascogne : Je vous sens satisfait de le dire. Est-ce que cela veut dire que ce n'était pas si facile que ça, si évident, au moment où vous avez repris les rênes ? Parce que vous êtes déjà au travail depuis quelques semaines finalement.
André Morlaes : Voilà. Alors, suite à la démission de Benjamin Gufflet en date du 17 décembre, nous avons œuvré avec quelques personnes, notamment les trois personnes qui sont en place aujourd'hui dans le directoire (André Morlaes, Thomas Medina et Gérard Cazaux, ndlr), plus l'ancien président, le président d'honneur de l'USD, si l'on peut dire, Philippe Jacquemain. Mais je ne peux pas non plus laisser de côté la famille Ponteins, les institutionnels, que ce soit Alain Pecastaing ou tout le monde, je voudrais n'oublier personne. Même Jany Celhay. Tout le monde a œuvré pour apporter une certaine stabilité dans ce groupe. Je ne vous cache pas qu'on s'est engagé financièrement. Il y a eu des remboursements de caution. Il y a eu un tour de table qui a été magnifique. On peut se vanter quand même d'avoir trouvé à Dax, en un peu plus de 24 h, le montant de 430 000 € par l'apport d'historiques du club qui ont répondu à nos demandes.
Baisser le budget de façon assez drastique".
ICI Gascogne : Maintenant, il faut aussi se projeter sur la saison prochaine, construire le budget. Mais honnêtement, il va falloir faire des économies ? Le budget va baisser la saison prochaine.
André Morlaes : Alors oui, on n'a pas le temps de se satisfaire d'avoir répondu et d'avoir stabilisé ce club, que déjà on est confronté au problème de la saison à venir. Pour cela, on va être obligés de baisser le budget de façon assez drastique. Ça nous obligera à avoir un budget inférieur aux 7 millions (actuel, ndlr). On serait entre 6,6 millions et 6,8 millions, ce qui sera certainement un des plus petits budgets de la division. Pour cela, on sera obligé de se séparer de joueurs et de ne pas renouveler des contrats. Des joueurs dont on s'est très peu servis, qui n'ont pas pu répondre aux exigences et à l'attente du staff sportif. On devrait avoir 6 à 7 départs pour arriver peut-être à deux ou trois entrées au sein du club pour renforcer cette équipe.
ICI Gascogne : Donc il y aura des économies sur le plan sportif, mais aussi des économies de fonctionnement réalisées dans la direction administrative, dans les bureaux de l'US Dax.
André Morlaes : Tout à fait. Le contrat du directeur général (Adrien Asteggiano, dont le club s’est séparé en décembre, ndlr) ne sera pas remplacé. Le directeur général ne sera pas remplacé. Ce seront les bénévoles qui vont œuvrer, dont Thomas Medina qui sera en charge du sportif et du financier. Donc on fera une économie sur la rémunération du directeur général ainsi que sur la régie publicitaire avec qui on était engagé, qui était le groupe Stratton Sports (la société de Benjamin Gufflet qui prenait un pourcentage sur les partenaires, ndlr). On ne renouvellera pas l'engagement et on n'aura pas à reverser de pourcentage sur le partenariat dès l'année prochaine.
Après trois mois et demi sans direction clairement établie, l’US Dax doit acter ce mardi soir une nouvelle organisation. Une gouvernance qui marque surtout un retour à une formule déjà connue, avec des visages familiers.
Après trois mois et demi sans direction, c’est ce mardi soir que la situation devrait rentrer dans l’ordre, ou presque, à l’US Dax. Le club convoque une assemblée générale de ses actionnaires au stade Maurice Boyau, avec à l’ordre du jour le vote de la nouvelle direction.
On rappelle que depuis le retrait de 14 points au club pour des irrégularités financières, le président du conseil d’administration, Benjamin Gufflet, avait annoncé sa démission. Depuis cette date, les tractations se sont enlisées pour trouver un nouvel exécutif à la tête du club rouge et blanc. Alors ce mardi soir, sauf catastrophe de dernière minute — il faut rester prudent cette saison avec les annonces autour de l’US Dax — une nouvelle équipe va s’installer officiellement. Elle devra travailler sur cette fin de saison et sur la préparation de la saison prochaine.
Direction bicéphale
Trois mois et demi de tractations, de tensions et de rebondissements dans la presse, pour aboutir à quelle équipe dirigeante ? Presque la même et un retour à une organisation déjà vue il y a quelques mois. Le club revient à une direction bicéphale, avec un directoire chargé des affaires courantes, dirigé cette fois par un triumvirat d’actionnaires déjà à la manœuvre. En parallèle, un conseil de surveillance sera chargé de superviser les orientations du directoire. Il sera présidé par Benjamin Gufflet.
Alors qu’il avait annoncé sa démission le 17 décembre dernier, il reste finalement à la tête du club. C’est d’ailleurs lui qui, de sa signature BG, paraphe la convocation à cette AG de ce mardi soir. Et c’est lui qui, vendredi soir, était assis en tribune au stade Maurice Boyau aux côtés de Yann Roubert, l’actuel président de la LNR.
Benjamin Gufflet n’a jamais réellement démissionné
Tout ça pour ça. Après les 14 points retirés et jamais récupérés, la menace de grève des joueurs face à sa direction, la plainte d’un actionnaire giflé par un autre lors d’une réunion houleuse, les actionnaires doivent donc s’accorder ce mardi soir pour une organisation qui change peu. Le feuilleton rocambolesque de René Bouscatel, l’ex-président du Stade Toulousain, annoncé en sauveur, est clos. Les actionnaires ont conclu que l’ancien président de la LNR était trop gourmand dans ses demandes de rémunération pour un club en difficulté (un actionnaire du club, sous couvert d’anonymat, évoque une demande de salaire mensuel net de 6 000 euros).
Ce sera donc un directoire dirigé par trois actionnaires qui aura les commandes : André Morlaes, Thomas Médina et Gérard Cazaux. Ce triumvirat aura la charge de la conduite quotidienne des affaires, sous la supervision d’un conseil de surveillance présidé par… Benjamin Gufflet. Ce dernier n’a en réalité jamais officiellement quitté ses fonctions. Sa démission, annoncée le 17 décembre en assemblée générale, n’a jamais été formalisée administrativement.
Plus d'un million d'euros pour maintenir l'US DAX en Pro D2
Pourquoi est-il toujours à la tête du club alors qu’il a été désavoué le 17 décembre dernier par des actionnaires qui ont refusé de le suivre dans un plan de sortie de crise ? Pourquoi est-il toujours à la tête du club alors qu’il a annoncé sa démission ? "Pour surveiller mes investissements et pour ne pas rester sur cette sortie", explique Benjamin Gufflet au téléphone, sans souhaiter développer davantage. Il affirme détenir entre 30 % et 35 % des parts du club.
Certains émettent d’autres hypothèses. Benjamin Gufflet serait-il parti si quelqu’un lui avait fait une proposition pour racheter ses parts ? "C’est possible". Mais qui, parmi les actionnaires de l’US Dax, est aujourd’hui en capacité de le faire ?
Ces dernières semaines, plus d’un million d’euros ont été nécessaires pour maintenir l’US Dax en Pro D2 jusqu’à la fin de saison. 500 000 euros ont été apportés par Benjamin Gufflet et ses partenaires. Il a donc remis la main à la poche plutôt que de se désengager. Pourquoi ? C’est une bonne question. Mais, quelles qu’en soient les raisons, il reste l’homme fort du club, tout en étant désormais plus éloigné des affaires courantes. "Je prends de la hauteur", résume-t-il.
Un triumvirat aux commandes
À la tête du directoire, là encore, pas de révolution. Les trois hommes sont déjà à la manœuvre depuis plusieurs mois.
André Morlaes devrait être présenté comme le président du directoire. Âgé de 66 ans, partenaire du club depuis plus de 20 ans et abonné depuis plus de 30 ans, cet ancien chef d’entreprise — peintre en bâtiment ayant développé une société de plus de 50 salariés — sera chargé de l’administratif et des relations avec l’association. À ses côtés, Thomas Médina prendra en charge les volets financier et sportif. Entrepreneur, il investit notamment dans la santé et l’immobilier. Il assurait déjà la présidence par intérim ces derniers mois.
Enfin, Gérard Cazaux complètera le trio, avec la gestion du stade et des événements. Il est gérant d’un établissement de nuit (Le Traouc à Seignosse).
Les trois dirigeants assurent qu’après plusieurs mois de travail, le club n’est plus sous la menace des instances financières du rugby professionnel et qu’il évoluera bien en Pro D2 la saison prochaine, sous réserve du maintien sportif. Ils travaillent désormais à la construction du budget de la saison 2026/2027, qui sera revu à la baisse avec une volonté affirmée de réaliser des économies.
Staff et prolongations
Du côté du staff, la prolongation de Vincent Etcheto serait en bonne voie jusqu’en 2028, ce qui installerait dans la durée le trio qu’il forme avec Olivier August et Félix Le Bourhis. Le contrat de Benoît August, en tant que directeur sportif, serait également sur le point d’être reconduit. Côté joueurs, des accords oraux auraient été trouvés pour les prolongations de Théo Duprat, Louis Couget et Paul Ausset.
Une première recrue serait également actée : Théo Mercadier, 22 ans, auteur de neuf matchs en Nationale avec Albi cette saison. Formé au Stade Toulousain, il est présenté comme un bon sauteur en touche et une doublure solide pour Charly Matthews. Le club serait enfin à la recherche d’un talonneur pour remplacer Iban Hirriart Urruty, en partance pour Biarritz.